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À la Conférence sur le sida, à Washington D.C.
La 19ème Conférence internationale sur le sida se déroule cette semaine à Washington D.C., en présence de plus de 23 000 délégués issus de 195 pays. Il s’agit d’un gigantesque rassemblement militant fait de séances informelles, de conférences sur les progrès scientifiques et de réunions de toutes sortes et de toutes tailles. Placée sous le thème « Inverser le cours de l’épidémie, ensemble », la Conférence est marquée au sceau de l’optimisme, avec des propos nettement moins alarmistes que lors des rencontres précédentes, ce qui semble faire écho aux progrès importants réalisés ces dernières années dans la lutte contre le sida. Dans un même temps, il est largement acquis que ce combat contre le VIH et le sida est encore loin d’être terminé. Phill Wilson, président du Black AIDS Institute aux États-Unis, a captivé l’attention de toutes les personnes présentes lundi matin dans l’immense salle de réunion principale avec un discours passionnant sur le sida en Amérique. Selon les chiffres les plus saisissants qu’il a communiqués, un homme noir, aux États-Unis, qui a des relations sexuelles avec d’autres hommes a 60 pour cent de chances d’être infecté par le VIH à 40 ans. En Amérique.
Pour le Fonds mondial, la Conférence sur le sida est un lieu de rencontre exceptionnel avec ses partenaires et ses alliés. Il peut également y communiquer des informations et y faire le point sur la situation. Plusieurs séances de consultation ont été organisées à propos du nouveau modèle de financement qui est en train d’être mis au point. Le Fonds mondial a, ainsi, sollicité l’avis de divers interlocuteurs et a ouvert le débat sur ce thème. Lors de discussions de groupe et de séances de dialogue, de nombreuses questions ont été adressées aux dirigeants du Fonds mondial à propos du rôle de la société civile. Ils ont ainsi pu expliquer que celle-ci était essentielle pour que le Fonds mondial puisse gérer les subventions et que ce rôle ne sera pas moins important à l’avenir. « La société civile est notre ADN », a déclaré Gabriel Jaramillo, le Directeur général du Fonds mondial. « Ce principe ne changera pas et, au contraire, deviendra de plus en plus concret. »
Deborah Derrick nommée présidente de Friends of the Global Fight – États-Unis
Le 16 juillet dernier, Deborah Derrick a pris la présidence de Friends of the Global Fight aux États-Unis et dirigera désormais les efforts d’éducation, d’engagement et de mobilisation des décideurs politiques et des dirigeants de son pays à l’appui du Fonds mondial. Auparavant, Mme Derrick a été responsable principale de programme à la Fondation Bill et Melinda Gates, où elle s’occupait des programmes internationaux de santé, du plaidoyer, des subventions et des collaborations avec le Gouvernement américain. Avant de rejoindre la Fondation Gates, Mme Derrick été directrice exécutive de la Campagne pour un monde meilleur et conseillère principale au Département d’État et au Congrès. Son expérience est à l’aune de sa passion de venir en aide au Fonds mondial. « J’ai pu constater personnellement les conséquences positives de ces programmes », a-t-elle déclaré, ajoutant qu’elle était bien déterminée à faire savoir aux décideurs politiques des États-Unis à quel point leurs investissements avaient été bénéfiques.
Une semaine à peine après avoir pris ses fonctions, Mme Derrick a contribué à l’organisation d’un somptueux dîner de haut niveau au Congrès destiné à mettre en lumière le rôle de chef de file que les États-Unis jouent dans la lutte contre le VIH et le sida. Ce dîner visait à coïncider avec la Conférence sur le sida. Bill Gates est venu et a pris la parole, tout comme Gabriel Jaramillo, le Directeur général du Fonds mondial, et Jonathan Klein, président du Conseil d’administration de Friends et cofondateur et président-directeur général de Getty Images, Inc. Plusieurs sénateurs américains sont également venus, à l’instar de Richard Lugar, Républicain de l’Indiana, et de Patrick Leahy, Démocrate du Vermont. Enfin, d’autres membres du Congrès étaient aussi présents, comme Nancy Pelosi, Démocrate de Californie. L’administrateur d’USAID, Rajiv Shah, et le directeur des Instituts nationaux de santé, Francis Collins, comptaient également parmi les invités. Une foule impressionnante et un esprit de convivialité. Nous avons aimé la façon dont M. Gates a résumé les choses : « Je continue de penser que le Fonds mondial reste l’un des meilleurs investissements que le monde et notre fondation ont fait pour riposter au VIH, à la tuberculose et au paludisme ».
Une façon novatrice d’aborder la circoncision
La circoncision ne va pas sans soulever la polémique. Des manifestants devant le lieu où se tient la Conférence sur le sida brandissaient des pancartes où l’on pouvait lire « La circoncision est une torture ». Le mois dernier, un tribunal allemand a rendu une décision selon laquelle la circoncision des nouveau-nés et des jeunes garçons pour des motifs religieux était un délit. Néanmoins, un consensus est en train de se dégager au sein de la communauté sanitaire internationale pour dire que la circoncision constitue un moyen efficace pour aider à limiter la propagation du VIH. Elle a fait l’objet de plusieurs débats lors de la conférence de cette semaine. Une personne, en particulier, n’a cessé de se faire entendre dans la mêlée. Tzameret Fuerst est une entrepreneuse énergique qui cherche à faire connaître un appareil conçu par son entreprise pour garantir des circoncisions en dehors d’un cadre chirurgical et en limitant la douleur ressentie. Tzameret nous a contactés avec ses arguments de vente et nous les avons trouvés très convaincants. Son appareil est simple. Composé d’un anneau en plastique et d’un élastique spécial, il retire le prépuce exactement comme une pince retire le reliquat de cordon ombilical d’un nouveau-né. La peau excédentaire meurt en quelques jours sans douleur. Elle s’assombrit avant de tomber d’elle-même. Il n’y a pas d’intervention chirurgicale, pas d’incision, pas de suture, pas de saignement. Le procédé est sûr et peut être réalisé par un infirmier en cinq minutes au maximum. Nous étions impressionnés. Rendre simple et sans douleur une procédure sensible ne pouvait être qu’une bonne chose selon nous. Tzameret est convaincu par son produit et en parle avec la passion des convertis. Ses motivations nous intriguaient. « Toutes les 16 secondes, une personne meurt du sida. Si cela, ce n’est pas motivant, je ne sais pas ce qui le sera », a-t-elle répondu. Son dispositif s’appelle PrePex et a reçu l’autorisation de la Food and Drug Administration des États-Unis. Plus important, il a reçu l’aval des autorités sanitaires de pays qui encouragent activement la circoncision comme méthode visant à réduire la propagation du VIH, comme le Rwanda. Tzameret cherche à faire adopter son appareil par un plus grand nombre encore et affirme qu’il peut aider les pays d’Afrique à atteindre l’objectif de 20 millions de circoncis d’ici 2015. Elle estime que cela pourrait sauver 4 millions de vie. « Impossible d’avoir plus d’impact que cela », ajoute-t-elle
Les Amis du Fonds mondial – Afrique plaident en faveur d’un renforcement des financements pour la santé
FLes Amis du Fonds mondial – Afrique ont, comme toujours, œuvré sans relâche pour obtenir un soutien au traitement et à la prévention de la maladie sur l’ensemble de leur continent. Lors d’un Forum africain des anciens chefs d’État et de gouvernement qui s’est tenu récemment en marge du Sommet de l’Union africaine à Addis Abeba (Éthiopie), les Amis du Fonds mondial ont rassemblé plusieurs hommes d’État, diplomates, ministres de la Santé et partenaires de développement pour discuter de la nécessité de renforcer les financements pour la santé.
Les participants à cette réunion ont admis que 12 ans après l’engagement d’Abuja de consacrer 15 pour cent des dépenses nationales à la santé, seuls six pays africains avaient atteint cet objectif pour le moment. Il a été convenu que les gouvernements africains devaient affecter une part plus importante de leurs budgets au secteur de la santé et afficher, avec le secteur privé, un engagement politique et financier plus marqué en faveur du Fonds mondial. Les participants ont adopté une série de recommandations spécifiques : forger un engagement politique et financier pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement liés à la santé ; défendre et mettre en place des cadres à l’échelle du continent et coordonner les différentes plateformes et institutions régionales ou s’appuyer sur elles ; renforcer l’appui financier à la recherche et au développement de nouvelles technologies de prévention et de produits pharmaceutiques abordables ; trouver des solutions en matière de rapport coût-efficacité et d’assurance qualité pour les produits pharmaceutiques ; mobiliser le soutien des institutions du système des Nations Unies et des autres partenaires pour fournir une appui technique et créer de nouvelles connaissances qui pourront être mises en commun ; enfin, mettre en place un financement prévisible et pérenne de programmes ayant un bon rapport coût-efficacité et en faire une des priorités du plaidoyer et de l’action collective.
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